Selon la tradition taoïste, au début des temps, cette énergie primordiale s'est manifestée sous la forme de deux forces à la fois complémentaires et opposées : les fameux " yin et yang ". Yin, c'est le féminin ; yang, le masculin. Mais pas seulement. Yin, c'est aussi le sombre, le froid, le profond, l'intériorité, le vide. Yang : le clair, le chaud, l'été, l'extérieur, le plein...
Attention cependant : l'un ne fonctionne jamais sans l'autre, car chacun contient en lui le germe de l'autre. Voilà pourquoi chaque homme, aussi viril soit-il, a toujours une part de féminin, comme chaque femme a sa part de yang. Par exemple, pour un médecin chinois, si une femme est stérile, c'est parce qu'elle est " yin-yin " : il lui manque la graine de yang qui lui permettra de donner la vie. " Celui qui connaît la virilité, mais contient la féminité, deviendra un bassin où s'accumule toute la force du monde ", disait Lao-Tseu...
C'est le principe même de la dualité " animus-anima ", l'une des notions fondamentales de Carl Gustav Jung, le fondateur de la psychologie analytique : l'anima personnifie la nature féminine de l'inconscient de l'homme ; l'animus est son équivalent chez la femme. Pour lui, comme pour les taoïstes, le travail de tout être humain consiste alors à trouver, en soi-même, l'équilibre de ces deux forces changeantes qui régissent chaque instant de notre vie.




